Éducation

De la classe à l’écriture : ce que mes élèves m’ont appris

Par Albert K. Tshakatumba · Akulass Publisher

Pendant près de vingt ans, j’ai enseigné. Je pensais que mon rôle consistait surtout à transmettre des connaissances à mes élèves. Avec le recul, je comprends qu’ils m’ont également beaucoup appris.

Une salle de classe est un petit monde. On y trouve des personnalités différentes, des moments de réussite, des difficultés, des surprises et, surtout, beaucoup d’histoires. Certaines disparaissent à la fin de la journée. D’autres restent longtemps dans la mémoire d’un enseignant.

C’est notamment de cette expérience qu’est né l’univers de Noah Badafaim.

Enseigner en immersion française m’a appris qu’un enfant n’apprend pas seulement avec des exercices et des manuels. Il apprend aussi lorsqu’il rit, lorsqu’il se sent écouté et lorsqu’il peut établir un lien entre ce qu’il découvre et sa propre expérience.

L’humour occupait donc une place importante dans ma classe. Il permettait parfois de détendre une situation difficile, d’encourager un élève ou simplement de rendre une journée plus agréable. Plusieurs scènes qui nourrissent aujourd’hui mon écriture trouvent leur origine dans cette observation quotidienne de la vie scolaire.

Mais derrière les situations amusantes, il y avait aussi une réalité plus profonde. Un élève qui dérange, qui parle beaucoup ou qui refuse de travailler n’est pas seulement un comportement à corriger. Il faut parfois chercher à comprendre ce qu’il essaie d’exprimer. L’enseignement m’a appris à regarder au-delà de la première impression.

Cette idée est importante dans mes histoires pour les jeunes. Je souhaite que mes personnages puissent faire rire, mais aussi qu’ils invitent les lecteurs à réfléchir à l’amitié, au respect, à la différence, à l’inclusion et à la persévérance.

Lorsque j’ai commencé à écrire Noah Badafaim a toujours faim, je voulais retrouver cette énergie particulière de la salle de classe : les questions inattendues, les petits conflits, les mots d’enfants et ces moments où l’enseignant doit improviser tout en continuant sa leçon.

Aujourd’hui, l’écriture me permet de poursuivre autrement ce travail de transmission. Un livre jeunesse peut accompagner un enfant à la maison, dans une bibliothèque ou dans une salle de classe. Il peut développer le goût de la lecture tout en ouvrant une conversation entre les enfants, les parents et les enseignants.

J’ai quitté la salle de classe, mais je n’ai pas quitté l’éducation. Aujourd’hui, mes livres sont devenus une autre manière d’enseigner, de faire sourire et de transmettre.

Albert K. Tshakatumba
Auteur et éditeur, Akulass Publisher
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